Nos mises en scène : L'harmonie entre texte et musique

Familiarisée dès son plus jeune âge avec le travail de mise en scène, Gabrielle Ordas a eu l’opportunité de s’y essayer tout d'abord au sein d'ateliers théâtres organisés en milieu scolaire. Elle exerce donc pendant des années dans divers lycées de la région parisienne, mêlant le théâtre à sa fonction d’enseignante. Ces expériences fondatrices ont forgé sa compréhension des dynamiques de groupe et de la transmission artistique, essentielles à toute bonne direction scénique. Elle collabore également à la création de nombreux spectacles du Théâtre Amazone, où elle réalise les dramaturgies. Ce travail de fond sur l'architecture narrative des pièces lui a permis de développer une expertise dans l'adaptation et la structuration des récits pour la scène, garantissant une cohérence et une profondeur pour chaque production. C'est là qu'elle affine son sens de la construction dramatique. Lorsqu’elle a l’opportunité de collaborer avec Patrick Taïeb à l'occasion d'un colloque autour des musiques de scène, celui-ci lui propose de monter des extraits de La Tour de Nesle et de Lucrèce Borgia en utilisant les musiques originales redécouvertes. Si la tâche s’est d’abord avérée ardue, la musique a fini par faire partie intégrante de ses créations car elle y trouve deux des bases essentielles de son travail : le rythme et la précision. Elle poursuit ce travail qui allie théâtre et musique dans la mise en scène d'opéras comiques, prouvant que la musique n'est pas seulement un accompagnement, mais une force motrice de la narration théâtrale.

Lucrèce Borgia & La Tour de Nesle

En 2017, Gabrielle Ordas met en scène des extraits de Lucrèce Borgia et La Tour de Nesle avec leurs musiques originales (arrangements : Patrick Taïeb) pour le colloque CNRS « Musique de scène dans le théâtre parlé de Diderot à Hugo » (ihrim, Université Lyon 2 ; IRCL, Université Paul Valéry-Montpellier 3 ; Centre de Musique baroque de Versailles).

Elle aura l'occasion de diriger Jacqueline Corado, Eric da Costa, et Lionel Cecilio

Institut d’Histoire des Représentations et des Idées dans les Modernités UMR 5317 (ens-lyon.fr)

Annette et Lubin

En 2021, à l'occasion de cours dispensés aux étudiants de théâtre de l'université Paul Valéry et forte de son expérience musicale passée, Gabrielle décide de monter avec elles et eux des extraits de Annette et Lubin, deux opéras-comiques de Jean-François Marmontel et de Justine Favart créés en 1762, dans le cadre des journées d’études de l’IRCL consacrées à la correspondance de Beaumarchais. La représentation a lieu à la Maison des chœurs de Montpellier, le 9 décembre 2021. La distribution est composée de Ninon Cluzeau, Paul Crison,Tristan Malengour, Tao Lelièvre et Tom Rudelle. Arrangements musicaux : Patrick Taïeb. L'opéra comique a été repris les 16 et 17 Septembre 2023 à l'Hôtel de la DRAC Occitanie de Montpellier, à l'occasion des journées du patrimoine. Le spectacle était cette fois-ci composé des acteurs associés de la compagnie, ainsi que du chanteur et chef de chœur, Albert Alcaraz.

Le Docteur Sangrado & Le Médecin de l'Amour

En 2022,  elle monte les Scènes de Médecine dans l’Opéra-Comique, à partir du Docteur Sangrado (Louis Anseaume, Egidio Duni, Jean-Louis Laruette) et du Médecin de l’amour (Louis Anseaume et Jean-Louis Laruette) avec des élèves du Conservatoire d'Art Dramatique de Montpellier. En initiant des comédiens au chant lyrique, ce qui fut d'abord une intervention à l'occasion du colloque "Scènes de médecine chez Molière : Fortune et modèles européens" (Université Paul Valéry Montpellier III)  devient un spectacle à part entière en tournée dans les collèges et lycées des régions Parisienne et Occitanie sous le label de la compagnie du Théâtre du Matin.

Salon de Diderot, 1762

En 2023, la compagnie du Théâtre du Matin est invitée à se produire à l'occasion de la Nocturne Etudiante du Musée Fabre (Montpellier) intitulée ''Fabre n'est pas couché". Elle y présente une création ponctuelle intitulée Salon de Diderot, 1762.  Cette courte pièce mise en scène par Gabrielle Ordas et dont les arrangements musicaux ont été effectués par Patrick Taïeb, est composée de différents textes : des scènes extraites des opéras-comiques Lucile (Grétry, 1769) et Annette et Lubin (Marmontel, 1762) ainsi que des interventions librement inspirées des Salons de Diderot (Patrick Taïeb). 

La Paix chez-soi, etc.

En 2025, la compagnie crée La paix chez-soi, etc. Un spectacle qui reprend la forme "café-concert" des cabarets du début du XXe siècle. Dans un spectacle composé de 4 petites pièces de George Courteline, et entrecoupé de chansons d'époque, Gabrielle Ordas met en scène des thèmes chers à l'auteur : disputes conjugales, abus de pouvoir, lubie professionnelle... Emmené par les membres de la jeune troupe du Matin, et accompagné au piano par le pianiste et compositeur Antoine Miannay. 

Le Mariage de Colombine

En 2026, la compagnie du théâtre du Matin est invitée par l'Opéra-Comique à produire un spectacle pour une journée portes-ouvertes dans le cadre du festival Jolis Choeurs, qui serait l'illustration de la fresque du foyer intitulée "Le Mariage de Colombine à la foire Saint-Laurent".  La comédie éponyme d'Alfred Bouchinet (1905), agrémentée d'un air de Poise (La Surprise de l'amour) et d'un duo de Grétry (Le Tableau parlant) et de vaudevilles, offre un échantillon désopilant des arlequinades associant les personnages de Pierrot, Arlequin et Colombine. Avec Tristan Malengour, Pauline Ruiz-Touzellier et Clara Orif au jeu et au chant, les arrangements musicaux et l'accompagnement ont été pris en charge par Tom Koudlansky avec les conseils de Patrick Taïeb

"J'ai une formation de danseuse ; j'ai donc appris à contraindre le geste pour en faire un signe. Je pense la mise-en-scène d'abord comme une chorégraphie. Quand je travaille, je trace des lignes sur le plateau. Plus qu'à la psychologie du personnage, je vais penser en terme de tension. J'ai besoin que les acteurs se placent et se déplacent à des endroits précis, comme si le plateau était un ensemble de lignes qui vont d'un personnage à un autre, comme un fil qu'on étend et qu'on détend. Evidement, quand la répétition commence, je n'y pense pas. C'est quand je vois l'acteur que je visualise la chose, c'est avec lui ou elle que je conçois une architecture du geste."

Gabrielle